jeudi 10 septembre 2015

Wind donation box

Parfois, pour avoir ce que l'on veut, il suffit de mettre une petite boîte sur le ponton devant son bateau. Et d'y croire.
Pour ma part, j'avais besoin de vent du nord/nord-est, donc j'ai mis une "Wind donation box".


Des étudiantes très motivées ont soufflé, soufflé, soufflé ...





Et du coup, j'ai eu un vent soutenu de Nord, idéal pour prendre du Sud. Et maintenant que je pars vers l'Ouest, il tourne Est, donc je l'aurai encore dans les fesses. Parfait, merci les filles !

To the Bretagne-Berlin Friendship

Textes et photos de notre bateau-pote le Dr Sebastian G. :

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Once upon a time, in August 2015, sailors from France and Germany met by chance close to Stockholm: Valere and Guenola on their Beneteau First 210 'Cartahu' (right) from the Bretagne in France, sailing around Europe with changing friends since almost a year. And, Sebastian on his Hurley 20 'Lumumba' (left) from Berlin in Germany, sailing also with changing friends from Berlin to Stockholm and back for a summer.



The crews spent around 10 awesome days together and sailed from Stockholm to Arkösund. They discovered plenty of beautiful islands, performed thrilling match races, made huge fires and barbecues, didn't catch a single fish, built pop-up-saunas in the forest, cooked, drank, swam and danced together...



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mardi 18 août 2015

Journal scandinave


20 juillet:
Les huluberlus hissent la Gran' Voile, direction Helsinki ! En partant, le vent est faible et on se permet de couper dans un petit passage entre deux îles. Ce n'est pas large mais les sondes des cartes indiquent plus de 2m de profondeur et … bloouuup. Cartahu s'envase dans moins de 80cm d'eau. Raté ! Les mouettes rigolent de nous voir échoués. On fait gîter le bateau pour décoller la dérive de la vasouille et on repart en sens inverse, finalement contourner l'île c'est bien aussi !
Pendant la traversée, on croise des dizaines de Ferry et cargos, parfois qui se déroutent pour nous, et parfois pas (Tonnerre de Brest!).
Attention ! Ferry à l'approche de la tête de Guénola !

Après 10h de nav', on arrive dans l'archipel d'Helsinki et on doit contourner un nombre impressionnant d'îlots de granit. On s'arrête au premier petit port en vue, sur l'île de Suomenlinna. On apprend par surprise que c'est une île classée patrimoine mondial de l'Unesco. Ils ont bien raison l'Unesco, cette île est superbe (et comme l'attestent les centaines de visiteurs qu'on verra débarquer des ferry le lendemain matin). Bienvenue en Finlande !
Suomenlinna - patrimoine industriel

Suomenlinna - ça vole!

Suomenlinna - un canard dans les airs
Info voileux : escale à Suomenlinna pour la nuit 22euros avec douches, wifi et sauna mais sans éléc
Port de HMVK à Helsinki en fonction de la taille : entre 20 et 25 euros tout compris pour un voilier « classique ».

23 juillet:
Guénola quitte le bord pour quelques jours et un nouvel équipier fait son apparition : Christophe. Nous partons plein Ouest vers l'archipel Finlandais. Le nombre de cailloux est vertigineux. Christophe barre quasiment toute la journée tandis que le capitaine concentre son énergie sur les cartes pour éviter tous les dangers. On croise Jimmy GreenTeeth, voilier sous pavillon Allemand que nous avions aperçu à Klaipeda, planté sur un cailloux. Le ton est donné sur les prochaines semaines : il va falloir être très attentif.

Le soir même nous arrivons sur « notre » première île de l'archipel : Stora Svarto. Le port naturel est équipé de bouées et d'un ponton flottant (10 euros la nuit mais personne n'est passé). L'île est géniale : des masses de girolles, plusieurs Fireplace pour faire les grillades, des toilettes sèches, des myrtilles, fraises sauvages et framboises ! L'île nous plaît tellement que nous restons 2 nuits à faire de la cueillette, des balades à pied et kayaks et petites pizzas aux girolles cuites au feu de bois !

Christophe pizzaiolo


25 juillet:
On quitte Stora Svarto pour une étape de zig-zag entre les cailloux. Tirer des bords dans les passages étroits, tout en évitant de gêner les autres bateaux n'est pas facile. Brutalement le vent se calme, on affale et on commence à naviguer entre les roseaux. Christophe charrie en déclarant qu'il n'avait jamais navigué sur lac… On arrive finalement à Algjso, dans un port avec au moins une cinquantaine de bouées. Pour l'ambiance tranquille c'est loupé. Mais à défaut, il y a un Fireplace pour faire des patates aux braises et discuter avec des voileux finlandais (Tarif de l'escale : 14 euros sans aucun service – Mieux vaut planter l'ancre à côté !).
Cartahu il est comme ça!


26 juillet:
La météo annonce un force 6 d'Est, il pleut, les nuages filent. Nos supers voisins finlandais décident de rester abriter. On doit traverser une zone peu protégée de la houle et encore pleine de pièges. On sent la flemme de l'équipage mais le prix de l'escale nous pousse à repartir. Finalement, le vent n'est pas si fort, on repart pour une mini étape de 12MN et on s'arrête sur un quai à Vierassatama avec juste ce qu'il faut d'eau pour ne pas taper les safrans.

27 juillet:
On a rendez-vous avez Guénola le lendemain dans un petit port sur la presque île de Hanko : Notholm. On fait la dizaine de miles nautiques au moteur : on a 25 nœuds de vent dans le nez avec un chenal qui ne fait même pas 50m de large. On se fait rincer par de sacrés grains (enfin surtout Christophe qui barre courageusement).
La marina est simple mais bon marché (12euros) avec les douche et un sauna à seulement 10 euros. (Attention aux cailloux à l'entrée!) On y retrouve un couple d'allemands rencontrés en Lettonie : Viktor et Lina. Ils sont partis pour un tour de Baltique sur 6 mois.

28 juillet:
Guénola débarque avec des kilos de victuailles ! On part avec un vent modéré mais une mer un peu agitée par les vents de la veille. Le Gennaker est sorti puis le Spinnaker. Cartahu glisse jusqu'à Gunnarsorrna (59°50,977 'N // 22°50,150 ' E) : un mouillage idéal dans une baie avec un fireplace et des toilettes sèches. Les finlandais font ça bien ! On y retrouve Viktor et Lina pour une soirée sympa autour du feu.



29 juillet:
On laisse les allemands et on repart sous gennak vers Dalskär. C'est une petite île avec une crique très bien protégée des vents d'ouest. Plusieurs cailloux barrent l'entrée de la crique et c'est tout doucement que nous essayons de nous faufiler. Ici l'eau est très sombre et on ne voit pas à plus d'un mètre de profondeur, c'est-à-dire quand on s'échoue…
Un fireplace face à la mer nous récompense de nos efforts.

30 juillet:
Dernière journée de nav' avec Christophe. On fait route sur Korpo, dernière île de l'archipel bien desservie par les transports publics. On s'arrête à Korpoström, marina chère (25 euros) mais bien équipée (sauna compris, douches, wifi, etc).

31 juillet:
Derniers adieux à Christophe, on repart avec 20-25 nœuds d'ouest pour Kökar, l'île la plus au sud de l'archipel d'Äland. Après quelques bords entre les rochers, on abat franchement et Cartahu accélère malgré ses 2 ris et son foc de brise. On plante l'ancre à Sandvik, au nord de Kökar. Mouillage super protégé.

1er août:
On repart de Kökar avec toujours ce flux d'ouest de plus de 20 nœuds. On fait la course avec un gros voiliers allemand, plus rapide que nous dans le clapot, mais moins réactif dès qu'il faut tirer des bords courts entre la caillasse. On frôle les moustaches d'un ferry. Ici, il ne faut pas leur faire de blagues : leur marge de manœuvre entre les cailloux est très limitée et personne ne doute que le capitaine d'un gros ferry préférera percuter un petit voilier plutôt que risquer la vie de ses centaines de passagers.
On mouille dans une baie minuscule au sud de l'île de Sottunga, où on galère à trouver assez de fond pour passer. Les algues s'enroulent autour de l'hélice, ce n'est franchement pas un bon plan mais on y reste vu le peu de vent prévu.

02-03 aôut
On quitte la baie de Skattskär, non sans avoir enlevé les kilos d'algues enroulées autour des safrans et du moteur. Le vent est soutenu mais on s'amuse bien et on garde toutes voiles dehors sur Cartahu. On arrive rapidement dans la « banlieue » de Mariehamn, la capitale de Äland. L'île est finlandaise mais bénéficie d'un statut autonome, avec notamment de faibles taxes sur les produits de consommation. On s'attend à pouvoir faire le plein de courses mais on déchante vite en voyant les prix. Tant pis, on prend juste le nécessaire.
La ville est petite (11.000 habitants) mais attachante, avec ses petites boutiques (notamment un super Emmaüs!?!) et surtout le musée maritime qui est impressionnant.
Au musée maritime de Mariehamn - vue sur l'un des mâts du Pommern (ancien navire marchand)

5-9 août
Nous arrivons dans l'archipel de Stockholm après une traversée mouvementée (des vagues, quelques éclairs, de la flotte... deux petites avaries: des rivets de pieds de mâts qui se font la malle et notre système d'attache d'écoute de grand voile qui nous claque entre les mains). Première halte à Bäckskäret, île au large de l'archipel, caressée par les vents et les vagues du large. Cette partie de l'archipel est un peu "chauve", un peu désolée: peu d'arbres résistent aux assauts du vent. Nous nous arrêtons ensuite à Stensholmen, qui sera notre île "personnelle" pour deux jours. C'est une île pleine de myrtilles, de pins, de groseilles (pas très bonnes). Notre flânerie nous amène ensuite à Grinda, île très appréciée des habitants de Stockholm, et c'est justement vendredi soir, donc le port est archi plein et le bar diffuse de l'électro avec force de décibels. Nous abandonnons toute tentative de rejoindre la civilisation ce soir là et optons pour un autre mouillage au sud de l'île. Notre dernière étape avant la capitale suédoise nous amène à Vaxholm, carrefour (très animé!) des routes qui mènent à Stockholm, bastion fortifié défendant la capitale des incursions ennemies. Nous y faisons la connaissance de Sebastian et Mia, sur leur voilier Lumumba portant haut les couleurs de Berlin. On retrouvera Sebastian à Stockholm et sur les étapes suivantes.
Maisons en bois rouges, motif récurrent de l'architecture traditionnelle suédoise. La couleur rouge, d'origine naturelle, contient du fer qui protège le bois.

10-11 août
Stockholm nous voilà! L'approche donne l'image d'une ville magnifique et notre arrivée au port central de Vasa nous confirme notre première impression de la ville. Un archipel d'îles qui ont chacune leur personnalité, de nombreux espaces verts, des bâtiments riches en histoire et colorés... Véro, Dorine et Adrien nous rejoignent à Stockholm.
Nous rendons visite au navire Vasa hébergé à quelques pas du port dans le musée éponyme. Ce navire mastodonte du XVIIe siècle n'a pas eu un destin heureux: il coule à pic dès sa première sortie du port, et les quelques tentatives pour le sauver des eaux échouent. Il s'envase et ce n'est qu'après 333 ans qu'il est extirpé de la vase, miraculeusement bien conservé. On comprend que ce navire n'ait pas résisté aux premières rafales, étant données ses proportions délirantes : un château arrière vertigineusement haut par rapport à la largeur de la coque...
L'incroyable Vasa sauvé de la vase (haut de 52 m, soit l'équivalent d'un immeuble de 4 étages)

A Stockholm, les bus roulent parfois sur l'eau

12-17 août
L'équipage Valère-Dorine-Adrien mène Cartahu d'île en île, accompagné de Lumumba. Pendant ce temps les équipières remplaçantes Véronique et Guénola s'aventurent en kayak dans l'archipel puis profitent à fond de Stockholm.
Bloody island

Lumumba by night. Pablo at the back
Sebastian on the non-fishing island


18 août:
Changement d'équipage à Nynäshamn, chassé-croisé Stockholm- Nynäshamn: Véro & Guéno montent à bord.


mercredi 22 juillet 2015

Lituanie- Lettonie - Estonie


La traversée entre Hel et Klaipeda se déroule bien. Peu de vent mais une mer parfaitement plate. Les seules créatures que nous croisons au large sont des insectes volants (mouches, drosophiles…) attirés par la couleur blanche des voiles et qui viennent se reposer sur le bateau. La nuit, le ciel reste très clair ce qui est pratique pour la navigation mais qui l'est moins pour regarder les étoiles. Fini, les ciels bleus sombres parsemés d'étoiles que nous avions en Grèce et en Italie par beau temps.
Nous arrivons à Klaipeda dans la matinée sous une chaleur qui devient rapidement écrasante après la nuit fraîche passée en mer. Nous négocions notre place au port, plein selon le harbourmaster, car de nombreux danois sont attendus dans le cadre d'une croisière en Baltique avec une vingtaine de voiliers. Mais on trouve toujours de la place pour Cartahu et nous finissons par pénétrer dans le « port du chateau » (sans château mais la colline sur lequel il était perché est toujours là, au milieu du port, ce qui lui donne une forme originale et nous offre une bonne protection contre le vent). 
Port de Klaipeda, qui reste très calme même quand le vent souffle fort
Nous sommes contents d'être amarrés dans ce port, car dès le lendemain, le vent et la mer se lèvent pour une semaine. Klaipeda est le port principal de Lituanie (les deux autres ports sont petits et plutôt destinés aux pêcheurs). C'est une ville agréable, avec de nombreuses rues pavées et qui a conservé quelques bâtiments anciens. La ville se situe à l'entrée de la lagune de Courlande, qui s'étend au-delà de la frontière russe. Nous traversons vers le bras de terre qui la sépare de la mer. La plage et la forêt sont magnifiques.
Klaipeda - la plage au sable blanc et fin, modelé par le vent et recouvert par endroits d'une poudre sombre dont nous n'avons pas réussi à deviner la nature...

Klaipeda - en bordure de forêt, l'herbe... rose!
Tout près du port, nous découvrons un petit restaurant végétarien / végétalien (Laimes Skonis) à l'ambiance zen et aux plats délicieux et bon marché, qui deviendra notre cantine pendant notre séjour : notre bouteille de gaz est vide, et impossible de l'échanger contre une pleine ou de la faire remplir sur place (en consultant le site de Camping Gaz, on observe en effet une rupture franche à la frontière germano-polonaise : à l'Est, peu ou pas du tout de revendeur, sauf à Riga, Helsinki et quelques villes suédoises…). 
Nous profitons du coup de vent pour nous aventurer dans les terres : nous visitons Kaunas (capitale de la Lituanie entre 1920 et 1940) et Vilnius.
Kaunas - flying bikes

Kaunas - notre première grande-roue de notre vie pour (ok, on n'a certes pas une vue panoramique sur la ville de là-haut mais on peut observer les mécanismes soviétiques robustes et immuables ce qui est très intéressant aussi :-))

Entre Kaunas et Vilnius - maison coup de coeur de l'autre côté des rails

Vilnius, côté moderne de la ville

Vilnius - la brique et le gothique

Nous repartons ensuite ainsi qu'une flotte de bateaux danois, en direction de la Lettonie. Parti dans le premier peloton, Cartahu voit progressivement tous les bateaux danois le doubler et finit bon dernier. La mer est encore un peu formée, il y a pas mal de vent, mais malheureusement on l'a dans le nez. On remonte au vent sans tirer trop de bords, mais la navigation est assez inconfortable à cause de la gîte et des vagues. Impossible de se reposer dans ces conditions. Le vent disparaît en même temps que le soleil, mais les vagues subsistent pendant la nuit. On finit par arriver à Ventspils après 25h de navigation, très fatigués. La ville est très jolie, avec de nombreuses maisons en bois près du port et un centre-ville assez soigné. Malheureusement, on n'en profite pas beaucoup : Valère part en mission gaz à Riga et Guéno fait les recharges d'essence et de victuailles. Ce sera notre seule halte en Lettonie : le jour suivant, nous partons vers les îles estoniennes au large du golfe de Riga. Nous faisons halte à Montu sur l'île de Saaremaa, puis sur l'île de Muhu et finalement sur celle de Hiiumaa. On dit de ces îles qu'elles sont restées telles qu'elles étaient avant la période soviétique. On profite d'épisodes orageux pour visiter l'île de Hiiumaa : beaucoup de forêts, des fraises des bois en bordure de chemin et des maisons en bois colorées. C'est très beau et il y a assez peu de touristes. Les ports sont souvent équipés d'un sauna: ça y est, on se sent vraiment dans le Nord. Nous discutons avec des Finlandais très sympathiques qui nous donnent de nombreux tuyaux sur les archipels de leur pays.
Récolte de fraises des bois à Heltermaa (Hiiumaa, Estonie)

L'autre visage de Heltermaa, port à ferry. En arrière plan les cumulonimbus qui nous ont conseillé de ne pas tenter la traversée vers Tallinn de nuit. Ils exploseront dans la soirée avec quelques éclairs.

Port d'Heltermaa

Kardla, "capitale" de l'île de Hiiumaa.

Kardla, après l'orage le ciel bleu.

Kardla - mais à quoi sert cette petite maison qui dépasse de cette butte verdoyante?
 Nous partons enfin sur Tallinn, avec un bon vent dans le dos qui nous permet de garder le spi sur une bonne partie des 80 MN. Nous allons tellement vite que nous doublons même d'autres voiliers (une grande première!). Nous arrivons trempés mais avant la nuit dans le port de Tallinn (Pirita Olympic Marina) et changeons le lendemain pour le club nautique Kalev (juste un peu plus loin au fond du même bassin) beaucoup moins glauque que la marina et mieux abrité. 
Tallinn - détail d'une église

Tallinn - sous un ciel menaçant

Tallinn - le clocher rapiécé de l'église St Olaf

Welcome to Hel - baptème de la Baltique


Notre première navigation en Baltique nous amène à Hel, le « finistère » de la Pologne, petit bras de terre qui s'avance bravement dans la mer. C'est un site apprécié des Polonais et dont l'activité principale semble être la fréquentation des restaurants et bars qui pullulent dans la ville. Cette première navigation nous récompense des quelques jours de travail passés à refaire l'antifouling : le bateau glisse sur l'eau, et un brin d'air suffit à le faire avancer. On s'esclaffe devant la vitesse indiquée par le speedo, avant de se rendre compte que celui-ci est devenu un petit peu trop optimiste.
Hel est le port le plus proche de Klaipeda, en Lituanie (environ 100 MN), notre prochaine destination. En Pologne, on nous a vivement déconseillé de nous aventurer dans les eaux territoriales russes (au risque de rencontrer des gardes côtes peu affables et de visiter les prisons locales). Nous garderons donc nos distances par rapport aux côtes russes de Kaliningrad (12 MN). Les eaux territoriales russes au large de Kaliningrad sont bordées par une zone régulée, dite « aire 117 ». Cette zone est parfois fermée à la navigation et oblige les plaisanciers en route vers la Lituanie à faire un long détour. Nous avons de la chance, la voie est libre le jour où nous voulons passer (information au sujet de l'aire 117 disponible sur le site suédois : www.sjofartsverket.se).

mardi 30 juin 2015

Cartahu fait peau neuve à Gdansk


A peine arrivé dans les environs de Gdansk (à 7 km de la ville), Cartahu est transféré d'une remorque à une autre. Cette deuxième remorque, calée au fond du club nautique national polonais, sera notre perchoir pour quelques jours. Nous partageons une dernière bière avec Jerzy et commençons à gratter la coque. Mission : enlever les deux anciennes couches d'antifouling, mais épargner le gelcoat bleu fragile qui est juste en dessous. Et débarbouiller la dérive des moules, chapeaux chinois, algues & Cie qui y ont élu domicile. Rabots, ponceuse et perceuse sont nos meilleurs amis. Après deux jours de combat, pendant lesquels nous avons plus l'air de ramoneurs que de marins, le gelcoat bleu reprend assez de terrain pour que l'on décide de commencer à peindre. La facture pour les pots de primaire, antifouling, et couche de protection de la quille est salée (200 euros pour nos 14 m² de coque) et on s'applique pour faire un bel antifouling. Gonzales prend également un coup de jeune : il subit un check up complet et le joint principal du moteur est remplacé (et le portefeuille s'allège de 200 euros supplémentaires.)
Avant (on a commencé à travailler sur la coque mais la dérive est à l'état de jungle marine)

Après

Les Polonais sont très sympas, on arrive toujours à se faire prendre en stop pour rentrer au club nautique et certains nous font découvrir la gastronomie locale (poisson fumé et bières artisanales, miam!). 
Bières artisanales polonaises - yummy
Entre deux couches d'antifouling, on fait un saut à Gdansk, encore une ville où la brique est à l'honneur (même la cathédrale est en brique!) Le centre ville est très bien conservé. En périphérie, la zone des anciens docks est en mutation, certains vieux bâtiments sont en train d'être déconstruits, d'autres sont le siège de la culture alternative de la ville. Un grand parc au milieu duquel est planté un énorme bâtiment à l'allure de paquebot rouillé célèbre le mouvement Solidarnosc.
Près de la très chic marina de Gdansk

Sombre & somptueux

La gare - elle est tellement belle qu'il parait qu'un architecte Japonais a fait la même à Tokyo!

Grues ou grillons?


Flying Cartahu en route vers le Nord


Une fois Cartahu démâté, puis hissé et harnaché sur la remorque, nous voici partis vers le nord, à bord du Transporteur VW de Jerzy et tirant notre maison derrière nous. Il y a de la vie sur la coque de Cartahu, et une effluve d'algues et de moules nous suit sur la route. Le convoyage terrestre dure 72 h pendant lesquelles nous parcourons plus de 2000 km. Quelques heures après notre départ de Grèce, après avoir traversé la Macédoine, nous faisons halte en Serbie pour la nuit, au bord d'un lac à 1200 m d'altitude. Il fait moins de 10°C, des petits nuages de buée sortent de nos bouches quand on discute, on a l'impression d'avoir changé de saison en une journée, on s'emmitoufle à nouveau comme en hiver. On se réveille au milieu des sapins, au-dessus d'un lac scintillant sous le soleil. 
Cartahu à 1200 m d'altitude (+2 m pour la remorque)
Le lendemain, Cartahu file au dessus des routes hongroises et slovaques. Le surlendemain, l'équipe s'arrête pour profiter des eaux thermales slovaques, ça fait du bien de faire quelques brasses après un jour et demi de route. Le soir surprend Cartahu dans la magnifique ville gothique de Torun, au bord de la Vistule, où nous dégustons nos premières vodkas. Enfin, le sur-surlendemain, nous arrivons à destination après une escale à Malbork, le plus grand château fort d'Europe, construit par les chevaliers teutoniques, tout en briques. 
Malbork
Malbork

Les passages des frontières hors espace Schengen se passent sans difficulté. Nous rencontrons deux douaniers zélés. Le premier veut vérifier la similitude entre le numéro de série sur la coque et sur les papiers du bateau ; malheureusement, les affaires maritimes ont oublié de remplir la case « numéro de série » ! Mais notre douanier, quoique contrarié, nous laisse quand même passer. Le deuxième souhaite faire une fouille de Cartahu. Il se hisse difficilement à bord, passe la tête à l'intérieur du bateau et perd courage en voyant l'empilement de voiles, moteur, et autre bric à brac qui a profité des nids de poules pour valser dans le bateau.