samedi 20 juin 2015

En vadrouille vers l'Est : Géorgie - Turquie


Arrivés début juin à Thessalonique, il nous restait une vingtaine de jours avant le transport terrestre de Cartahu jusqu'en Baltique. Trop peu pour passer les Dardanelles, le Bosphore et rejoindre la mer Noire avec Cartahu du fait des conditions météorologiques. Mais l'Est nous faisait de l’œil, et nous voici embarqués pour Tbilissi à bord d'un sympathique bus géorgien. Nous sommes les seuls « occidentaux » du bus, le reste de l'équipage et des passagers, pour la plupart géorgiens (et également quelques arméniens), sont au petit soins pour nous, même si la communication est souvent ardue. Les géorgiens sont adorables, nous offrent nourriture et conseils à profusion, le thé et le café coulent à flot et le bus est même doté d'une connexion wifi en Turquie et d'un prise 230V. Bref, les 45h de bus passent sans que l'on ne s'ennuie, et on a même pu dormir presque confortablement (plein de place pour les jambes et bus à moitié plein permettant de s'étaler). On passe au total 9h aux postes frontières (7h à la frontière greco-turque et 2h à la frontière turco-géorgienne). On apprécie d'autant plus l'espace Schengen après cette expérience, et on admire la patience des Géorgiens qui attendent sans broncher. Finalement, on arrive à Tbilissi deux jours après notre départ, fourbus mais heureux de retrouver Rélie et de découvrir ce pays dont on nous a tant conté dans le bus. 
Après deux jours à Tbilissi, nous voilà déjà repartis vers le Sud du pays, en route vers la frontière turque. Nous nous arrêtons à Gori -la ville natale de Staline, située tout près de la ville troglodytique dUpliststikhe, Borjomi réputée pour ses eaux minérales, et Akhalstikhé, ville connue pour sa citadelle refaite à neufd'où est originaire la famille d'Aznavour (minorité arménienne importante).  Nous trouvons à chaque étape des guest houses à l'accueil chaleureux et au prix tout à fait raisonnable.
Depuis Akhalstikhé, nous cherchons à rejoindre la ville de Kars, à l'Est de la Turquie. La ligne de train ne fonctionnant pas sur ce tronçon et les (mini)bus ne desservant pas cet itinéraire, nous profitons des services d'un taxi arménien qui nous amène jusqu'au poste frontière. Celui-ci est tout petit et l'entrée en Turquie se fait rapidement et sans encombre. On nous parle d'un bus qui pourrait nous rapprocher de notre destination, mais aucune trace ni du bus ni d'un arrêt dans les environs... On se dépêche donc de rattraper la seule voiture que l'on a vue passer la frontière pour lui demander de nous rapprocher un peu de notre objectif. C'est à bord d'une voiture anglaise immatriculée en Biélorussie et conduite par un azerbaïdjanais que nous arrivons à Kars, beaucoup plus rapidement que l'on aurait pu le croire dans nos rêves les plus fous. La communication est un peu compliquée (en russe!) mais le paysage est somptueux (moyennes montagnes d'un vert éblouissant). A Kars, après avoir rejoint le centre conduits par un papy turc, nous dégottons un petit hôtel où nous buvons les premiers (d'une longue série) thés turcs. On nous offre des pâtisseries turques et on parle grâce à Google Translate. Le lendemain matin, nous montons dans le Dogu Ekpresi, un train pas si express que son nom l'indique qui nous amène en 24h jusqu'à Ankara. A Ankara, nous nous faisons masser - scruber - mousser au hamman Sengul (contribution Valou: "à un moment, y a un moustachu qui te gratte les fesses avec un gant-éponge, j'ai adoré"), visitons le mausolée d'Atatürk (contribution Valou: "c'est grand") et grimpons jusqu'à la citadelle (contribution Valou: "c'est haut"). Nous quittons Ankara le soir même à bord d'un bus pour Istanbul. Mauvaise pioche pour le bus, des bébés hurlants sont à portée de nos oreilles et la nuit sera plus blanche que reposante. Istanbul nous voit arriver les yeux cernés, les effets du hammam complètement estompés. Après quelques heures d'errance dans Istanbul, nous arrivons dans le quartier de Fatih, où nous posons nos bagages avant de repartir visiter la ville. Nous avons notamment emprunté le tunnel ferroviaire sous le Bosphore (1,4 km de long, 60 m de profondeur, construction anti-sismique - projet "Marmaray").

Trêve de mots, voici des photos:
 
45h de bus? même pas peur! nous sommes armés d'une dizaine de films et d'un pot de pop corn XXL!

Tbilissi vue d'en haut



Les Géorgiens, pros des balcons et persiennes finement travaillés


Le fameux pain géorgien: "lavash"

Gori (ville natale de Staline). Des guerriers géants estropiés gardent la citadelle...

Gori, à l'intérieur de la citadelle. L'herbe est-elle plus verte qu'ailleurs?

Valou l'explorateur s'extirpant de la citadelle par la sortie officieuse
La citadelle vue d'en bas
Gori - l'ancien marché couvert qui a perdu son toit

Upliststikhe, place forte troglodytique sur la route de la Soie, habitée depuis 1000 av. J.C.
Upliststihke - "la salle de la colonne", taillée dans la roche
Upliststikhe - un mystérieux cube de roche volcanique élu par les escargots
Upliststikhe
Borjomi - les restes de la citadelle au milieu des sapins
Borjomi - ses maisons cossues aperçues à travers un pont alambiqué
Borjomi - les jeux d'enfants abandonnés donnent un côté enchanteur à la forêt...
Borjomi - un schtroumpf dans sa hutte
Akhalstikhe - au coeur de la citadelle de Rabati
Akhalstikhé - Rabati
Akhalstikhe - Rabati
En Turquie, juste après le passage de la frontière
Bis
Kars, du haut de la citadelle
Kars - la citadelle et un ancien hammam
Kars - ancien hammam vu de l'intérieur. On a croisé de nombreux pigeons et une créature poilue qui s'est enfuie dans l'un des trous du sol
Kars - la préparation du fameux thé turc
Le Dogu Ekpresi: Kars-Ankara en 24h (on dépasse parfois les 20 km/h...par le bas)
Nos billets pour le Dogu Ekpresi. L'employé qui nous les a vendus a fait preuve d'une grande originalité pour nos noms :-)
A bord du Dogu Ekpresi: le spectacle des montagnes d'Anatolie
Encore un thé dans le wagon bar du Dogu Ekpressi
Ankara - le mausolée d'Atatürk perché sur une colline surplombant la ville
Ankara, mausolée d'Atatürk - un employé bichonne un garde (on s'est longtemps demandé s'il ne s'agissait pas d'une statue mais il a bougé les cils)
Ankara - le vieux centre historique tout neuf qui sent encore le bois frais
Ankara - derrière la citadelle et le vieux centre bien léché, la ville offre un tout autre visage
Une grenouille à Istanbul
Istanbul colourful  arc-en-escalier

samedi 13 juin 2015

Fin de l'Odyssée grecque


Voilà, c'en est fini des gyros et des moussakas, Cartahu a achevé son périple méditerranéen avec une dernière étape grecque à Thessalonique.
Il en a vu de l'eau et des îles, ce petit bateau bleu, depuis le dernier post écrit depuis l'île de Kea (Cyclades).

Il s'est tout d'abord aventuré entre l'île d'Evia et la Grèce continentale, où il a navigué quelques jours. Cette navigation a été ponctuée d'un bon coup de vent, du passage du pont le plus cher rapporté à sa taille, (Chalkis), des bains chauds en pleine air dans les eaux thermales de Loutra Aidhiysou, d'une baignade utile pour enlever la barbe de Cartahu, du plongeon audacieux du capitaine pour ramener l'ancre à bord (coincée par une autre ancre au fond du port) et de multiples rencontres d'autres aventuriers de la mer.
Capitaine Shadoko contrôle la bonne marche du navire depuis les haubans

Sorti de ce canal « ON/OFF » (au vent à décoiffer les bigoudènes succède une absence totale du moindre souffle d'air – on aura pu tester les prises de ris sur notre nouvelle GV et vérifier que le moteur se porte bien), Cartahu a rejoint les Sporades. Les îles de Skopellos, Alonisos et Kyra Panagerias ont vu passer Cartahu. Sur cette dernière île, dont les habitants permanents sont un moine, un gardien et un troupeau de chèvres sauvages, Cartahu a profité du mouillage le plus tranquille qu'il n'ait jamais vu jusque là. Une crique en forme de cœur aux eaux turquoises l'a accueilli pour la nuit, et les deux huluberlus sont partis en expédition sur l'île déserte et aride, au péril de leurs mollets (pas facile pour des petits citadins de se faufiler parmi les bruyères sans sentier ;-)).
Kyra Panagerias - non ce n'est pas une carte postale photoshopée, c'est bien Cartahu !

La dernière traversée méditerranéenne a conduit Cartahu jusqu'à la péninsule chalcidique. Arrivé sur « le deuxième doigt » (Sithonie), Cartahu est remonté peu à peu jusqu'à Thessalonique en s'arrêtant en chemin à Porto Korfos, Neos Marmaras (port gratuit fin mai, avec eau et électricité ! Mais gare aux pieds, qu'ils ne passent pas à travers le ponton, endommagé par endroits… et attention également au brise lames à l'entrée qui s'est scindé en plusieurs parties!), puis coupant dans la partie supérieure du « premier doigt » (Kassandra), là où les bateaux ayant un tirant d'air de plus de 16 m ne peuvent s'aventurer (vivent les petits bateaux!). Nous sommes finalement arrivés à Thessalonique le vent dans le dos, profitant d'un dernier coucher de soleil en Méditerranée avant de s'amarrer, heureux, dans la marina d'Aretsou. 
Neos Marmaras et ses bouts de brise-lames
 
Petite taverne proche du canal de Kassandra

jeudi 14 mai 2015

On a coupé la Grèce en deux!

Des nouvelles de Cartahu: il a quitté les eaux turquoises de la mer Ionienne et fait maintenant trempette en mer Égée. Professionnels des raccourcis, les deux huluberlus ont préféré emprunter le canal de Corinthe plutôt que de contourner le Péloponnèse. Cela leur a permis de se retrouver au nombril du monde (Delphes) le temps d'une après-midi, d'admirer le bel ouvrage architectural qu'est le canal de Corinthe pour la modique somme de 100 euros (soit environ 25 euros par MN!), à plein gaz pour ne pas se laisser trop distancer par le cargo qui menait la troupe (peine perdue, Cartahu est arrivé bon dernier et a créé un bel embouteillage au pont de sortie du canal).
Les deux huluberlus se sont ensuite retrouvés à Athènes, où ils ont été bloqués quelques jours dans la Marina Zea (bonne surprise, on a payé que 10 euros par nuit et la femme de la réception était aux petits soins pour notre petit yacht bleu). L'occasion d'en apprendre plus sur la Grèce Antique et de rendre visite à Gérard (le tonton par alliance de Valère) et sa famille.
Nous profitons de l’accalmie et d'un flux de sud naissant pour partir vers les Cyclades d'où nous vous écrivons. Nous sommes actuellement sur l'île de Kéa où nous sommes arrivés au petit matin.

Delphes - le "nombril du monde" est situé dans une région bien vallonnée, la vue est époustouflante

Un huluberlu caché derrière le fameux nombril du monde ("omphalos")

Dans le sanctuaire de Delphes

Scène de crime dans le sanctuaire de Delphes, conquis par les sauterelles

Le sanctuaire sous les derniers rayons de la journée

Canal de Corinthe - environ 75 m de haut!

Cartahu dans le canal de Corinthe

A Athènes, les chats pètent des coeurs

Aux pieds de l'Acropole, des rues sinueuses bordées de petites maisons blanches biscornues. Bienvenue dans la carte postale

Au musée archéologique national: culture mycénienne (qui a inspiré le cubisme...)

Au musée national archéologique
Au musée national archéologique - soldats mycéniens

samedi 2 mai 2015

The Fisherman


Gaios, île de Paxos. On est amarré le long d'un quai tranquille, coincés entre l'île de Paxos et une deuxième île encore plus minuscule. Le coin est superbe, regorge d'oliviers, d'orangers et de citronniers. Dans la soirée un catamaran anglais pas comme les autres s'amarre à côté de nous. Il s'agit du bateau d'Ann et Tony. Ils ont 75 ans et naviguent la moitié de l'année à bord de ce bateau, taillé pour la course au large. C'est clair que ça change des gros catas immondes de location qui tournent en mer Ionienne. Ils voyagent ainsi depuis une dizaine d'année et nous racontent leurs traversées à plus de 15 nœuds, ça décoiffe à côté de Cartahu :-)
 


Après 2 nuits sur l'île, on repart pour Preveza, une petite mer intérieure réputée pour sa faune particulière. Il se dit qu'on peut y croiser cigognes, pélicans, dauphins et d'immenses tortues marines. On a bien regardé, et on a vu que des cigognes et beaucoup beaucoup de voiliers en hivernage à terre ! Le lendemain, on s'enfonce dans le golfe vers Vonitsa. La ville est toute petite et surplombée d'un vieux château, infesté de vipères d'après les locaux. On y rencontre Andreas qui vit sur son bateau et qui est skipper professionnel pour les touristes l'été. Il nous explique tous ses coins préférés et nous garantit que, vraiment, les îles Ioniennes sont LE meilleur spot de voile en Méditerranée (ou peut-être même du monde, mais l'anglais grec n'est pas toujours évident à comprendre). Le soir, alors que nous nous apprêtons à prendre l'apéro sur le bateau de Philippe et Patricia, 2 français fraîchement arrivés, Andreas vient nous retrouver. Il nous demande si on est prêts pour aller voir le « Fisherman ». Fisherman, Fisherman… ça sent la grosse embuscade, et on se laisse emmener en automobile sur une petite plage, au soleil couchant, avec juste une taverne. Celle-ci est tenue par un pote d'Andreas et propose des poissons extra-frais puisqu'ils sont élevés (sans aucune alimentation rajoutée par la main de l'homme) dans un lac salé à 20m du resto par … le Fisherman ! On passe une super soirée, l'ouzo coule à flot et on finit repus par la pêche/pisciculture locale.
A Voinitsa, les vaches aussi vont à la plage

Plage parsemée de pierres aux multiples perforations, dans lesquelles on peut apercevoir un Valou

Andreas, qui nous a invité à déguster les produits du Fisherman
Le matin suivant, le lever est difficile mais on force la marche pour rejoindre l'île de Lefkas. Il y a 25MN à faire entre spi quand ça souffle légèrement et notre bon vieux moteur Gonzales quand ça mollit. On trouve une petite baie, super abritée, parfaite pour mouiller sur ancre. On y reste quelques jours, pour profiter notamment des commerces locaux pour réparer 2-3 trucs sur Cartahu.
Une dorade offerte par un voisin de ponton amateur de pêche au harpon (trop bon, même si elle a l'air de tirer la tronche!)
On en repart avec une grand voile toute neuve et très belle, que l'on teste tranquillement entre les îles. Mais le vent monte brutalement et on se met vite à l'abri, surtout que l'affalage avec cette nouvelle voile est un peu galère et nécessite des réglages. On s'arrête ainsi à Meganisi, à seulement 6MN (!!!) à vol d'oiseau de notre point de départ… En arrivant, notre voisin nous prend les amarres et nous parle français avec un petit accent. Et ce petit accent est… Suisse ! Il s'appelle Jean et navigue depuis 2 ans avec sa copine et skippeuse Julie à bord de Bag Vian. Le dernier suisse est genevois, c'est Rémi et il navigue depuis au moins 1000 ans ici tellement il connaît tous les petits coins cools. Le courant passe vite et on se retrouve le soir même autour d'une super fondue helvétique. Merci les suisses :-D 



Vue sur le port de Meganisi




Soirée galettes ou fête de la francophonie à Meganisi (Suisses, Belges, Auvergnats, Bretons). Merci à Philippe pour la photo!


vendredi 1 mai 2015

Les huluberlus au pays des aigles heureux





Sarande, station balnéaire au Sud de l'Albanie

Gjirokaster, dans la forteresse. Vue sur la tour de l'horloge et les montagnes

GJirokaster. La scène d'un festival de folklore se tenant

Un Valou en fleurs

Les tuiles en pierre de Gjirokaster

Land Art
A défaut d'avoir accosté en eaux albanaises, les deux huluberlus sont montés dans un bus et sont sortis de l'Union Européenne, direction Shqipëria (littéralement: "le pays des aigles", le drapeau albanais représente en effet un aigle bicéphale). Nous avons redécouvert le concept de frontière (merci  l'espace Schengen, c'est tellement pratique de ne plus en avoir!), avec ses fouilles de bagages et le petit billet glissé discrètement dans le creux de la main du douanier. Sarande, station balnéaire proche de la frontière, fût notre première escale. Face à Corfou, dans une belle crique, de nombreux immeubles s'élèvent vers le ciel et une odeur de grillades commence à nous chatouiller le nez. Nous y succombons avant de repartir sur la capitale Tirana, toujours en bus.
(l'Albanie est dotée d'un réseau de bus très fourni). Là-bas, nous dénichons une des meilleures auberges que nous ayons vu jusqu'ici : le backpacker hostel (http://www.tiranahostel.com/) et profitons d'une visite guidée d'un autochtone qui nous apprend beaucoup sur l'histoire du pays, notamment sur la période d'autarcie communiste. Nous repartons finalement vers la Grèce et nous arrêtons en chemin à Gjirokaster, très belle ville classée patrimoine UNESCO, d'où est originaire Ismail Kadare (futur prix Nobel de littérature d'après ses compatriotes. On a lu "Le dîner de trop" de I.K., qui se déroule justement à Gjirokaster, et on vous le recommande).